Combien de temps faudra-t-il à la Chine pour atteindre le plancher de la fourchette d’adéquation des réserves de change ?

Le niveau optimal des réserves de change a fait couler beaucoup d’encre. L’indicateur ARA (évaluation de l’adéquation des réserves) du Fonds monétaire international (FMI) est l’une des méthodes courantes de calcul qui fournit essentiellement une fourchette basée sur les échanges commerciaux d’un pays, les agrégats monétaires et la dette extérieure. La pondération qui doit être allouée à chaque facteur varie en fonction de la structure économique de chaque pays, selon qu’il s’agit d’une économie relativement ouverte ou fermée en termes d’échanges et de mouvements de capitaux, et de l’existence ou non d’un taux de change flottant. Compte tenu des crises passées qui ont frappé les marchés émergents, le FMI a recommandé une fourchette qui s’exprime normalement en pourcentage (de 100 % à 150 %) de l’indicateur. Les pressions actuelles sur le renminbi et la tentative de la Chine d’atténuer sa dépréciation par le biais d’interventions sur le marché des changes posent la question de la puissance de feu dont la Chine dispose compte tenu de la diminution de ses réserves.

Combien de temps faudra-t-il à la Chine pour atteindre le plancher de la fourchette d’adéquation des réserves de change ?

Sur la base du cadre normalisé du FMI, nous avons calculé qu’il faudra à la Chine de six à sept mois environ pour qu’elle atteigne le plancher de la fourchette recommandée (100 %). Cette estimation repose sur plusieurs hypothèses importantes, notamment le maintien au même rythme de la fuite actuelle des capitaux, de la baisse des réserves (environ 100 milliards de dollars par mois) et de l’excédent de la balance des opérations courantes. Nous ne connaissons pas non plus l’ampleur des interventions qui ont effectivement eu lieu sur le marché des changes à terme et certaines données, comme l’encours de la dette, ne sont publiées que trimestriellement avec retard (les dernières statistiques publiées concernent septembre).

Combien de temps faudra-t-il à la Chine pour atteindre le plancher de la fourchette d’adéquation des réserves de change ?

Il est probable que toute réponse politique des autorités visera une dépréciation du renminbi plus rapide que celle observée jusqu’à présent, même si nous ne tablons pas sur une dévaluation massive ponctuelle. Celle-ci imposerait une étroite coordination avec les banques centrales mondiales afin de minimiser la contagion financière – compte tenu de l’impact systémique de la Chine sur les marchés mondiaux – et nous ne pensons pas en être déjà là. Les mouvements de capitaux ont progressivement fait l’objet de contrôles plus stricts et c’est l’option la plus probable à court terme, même si elle n’est jamais efficace à 100 %. Une hausse des taux et une restriction accrue de la liquidité intérieure poseraient des problèmes compte tenu des importants niveaux d’endettement intérieur de la Chine.

En cette période de Nouvel An chinois – à l’occasion de laquelle nous souhaitons une année du Singe haussière à tous nos lecteurs, nous espérons nous tromper dans nos calculs et que la Chine aura plus de six mois devant elle. N’oublions pas que le chiffre 6 est considéré comme un chiffre « porte-malheur » en cantonais et qu’il se prononce de la même manière que « lok6 » (落, ce qui signifie « chuter, baisser ou diminuer ») – opportun, non ?

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