L’économie américaine ne ralentit pas, elle se rapproche du plein emploi

Le dernier rapport sur l’emploi aux États-Unis nous a laissés quelque peu perplexes. Le chiffre de 38 000 créations d’emplois en mai (contre 160 000 attendues) a déçu le marché ; suite à quoi les taux des emprunts d’État américains ont baissé et la plupart des économistes ont estimé qu’un relèvement des taux en juin/juillet n’était plus à l’ordre du jour. La baisse à 62,6 % du taux de participation à la population active a conduit le taux de chômage à tomber à 4,7 %, son plus bas niveau depuis 2007, tandis que le revenu horaire moyen a augmenté de 2,5 % en année glissante.

Il est bien connu que les rapports sur l’emploi américains (en particulier le chiffre des créations d’emplois) sont à prendre avec des pincettes dans la mesure où ils sont souvent l’objet d’importantes révisions et ont une marge d’erreur de près de 100 000 créations d’emplois. De plus, le bureau américain des statistiques du travail (« Bureau of Labor statistics ») estime que la grève chez Verizon longue de sept semaines a pesé de près de 35 000 postes dans les créations d’emplois. Ces postes pourraient ainsi bien être réintégrés dans les chiffres de l’emploi le mois prochain.

Bien sûr, ce n’est que pure spéculation. Toutefois, et contrairement à la plupart des autres réactions au rapport sur l’emploi, nous ne pensons pas que le FOMC s’inquiétera d’un ralentissement de l’économie américaine. Nous ne croyons pas non plus que le rapport sur l’emploi de mai soit le signe d’une possible entrée en récession des États-Unis. En utilisant le taux de chômage comme indicateur d’une possible récession, les États-Unis ne sont historiquement jamais entrés en récession tant que la moyenne mobile sur 3 mois n’a pas croisé la moyenne mobile sur 3 ans. Comme l’illustre le graphique, rien ne laisse apparaître la formation de cet indicateur de récession pour le moment.

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Si l’économie américaine continue de croître, il pourrait dès lors y avoir une autre raison à la faiblesse décevante des créations d’emplois : l’économie pourrait en effet être proche du plein emploi (et comme un taux de chômage de 4,7 % tendrait à l’indiquer). Cela signifie que les employeurs éprouvent des difficultés à embaucher les salariés compétents pour les postes qu’ils ont à offrir. Si tel est bien le cas, on peut dès lors s’attendre à voir des mesures des coûts de la main-d’œuvre, telles que l’Indice du coût de l’emploi (actuellement à +2,4 % a/a),  rapidement commencer à augmenter durant le reste de l’année 2016.

Le marché anticipe désormais un relèvement des taux en décembre (et non plus en juillet). Cela nous semble trop prudent. Comme Richard l’a précédemment indiqué, les marchés du travail se portent très bien et l’économie est probablement très proche du plein emploi. Compte tenu du décalage dans le temps avec lequel la politique monétaire fait ressentir ses effets, il est important que le FOMC réitère sa volonté de rendre progressivement moins accommodante sa politique. Autrement, il risque d’appuyer sur la pédale de frein trop tardivement.

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